Les délinquants sont immigrés ?
Délinquance
Les statistiques qui dérangent
Christophe Deloire
La scène se déroule à la cour d'appel de Douai. Le président de chambre demande son identité à un prévenu : « Abdelkrim ». Le juge de rétorquer : « Vous avez un nom prédestiné ! » Le président de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), Mohamed Bechari, a raconté cette anecdote à un cénacle de députés en soulignant le caractère scandaleux du propos. La boutade du magistrat a beau être très douteuse, elle révèle la triste impression donnée par le défilé dans les prétoires.
Autre décor. Un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur rentre à son domicile avec une liasse de rapports sous le bras. Son épouse, qui ne connaît rien à la police, a la curiosité de jeter un oeil sur les documents. Réaction offusquée de madame : « Mais vous n'arrêtez que les étrangers ! » Lui est obligé de se justifier, de répondre : « Mais non, ma chérie, nous ne faisons pas de tri en fonction des origines.»
Le sujet est des plus sensibles. C'est même l'un des tabous les plus ancrés de la République. La part des enfants de l'immigration dans la criminalité et la délinquance ressortit au secret d'Etat. La lecture des synthèses quotidiennes de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) et de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), où sont recensés une partie des faits perpétrés en France, laisse sidérés les très rares initiés qui y ont accès.
Le Point a pu consulter ces notes, dans lesquelles il apparaît que plus de la moitié, voire 60 ou 70%, des suspects répertoriés ont des noms à consonance étrangère. Cet élément est délicat à manipuler. En aucun cas l'on ne saurait déduire avec certitude une origine d'un patronyme. Il ne s'agit pas non plus de tirer des conclusions absurdes sur un caractère « culturel » de la criminalité. Mais écarter ces constatations d'un revers de manche est une grave erreur qui occulte l'échec de l'intégration.
« La vérité est révolutionnaire », disait Lénine. L'on ne saurait résorber que les problèmes que l'on connaît. Une analyse de la « surreprésentation » des Français d'origine étrangère dans la commission d'infractions est d'autant plus éclairante que l'explication avancée en règle générale est erronée. On a coutume de considérer que la corrélation se fait seulement entre la pauvreté et la délinquance. Le propos ne suffit pas à rendre compte de la réalité (voir interview de Sebastian Roché).
En aucun cas, il ne s'agit d'apposer des tampons « immigré » sur des Français. Cela serait plus que tendancieux. En revanche, analyser un fait social n'est pas dépourvu d'intérêt. Les synthèses quotidiennes de la DCSP et de la DCPJ attestent que le pourcentage d'auteurs issus de l'immigration est surtout élevé à la rubrique des « violences volontaires » et des « vols à main armée ». Quand il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a parfois fulminé sur le sujet. En réunions restreintes.
Au 1er janvier 2004, les étrangers représentaient 12 241 détenus dans les prisons françaises, sur une population carcérale de 55 355 personnes. Comme l'observe Laurent Mucchielli, directeur du Cesdip, dans un article publié par la revue Criminologie, « près de la moitié des mis en cause pour vol à la tire sont des étrangers » et « les étrangers sont nettement surreprésentés en matière d'homicide et de tentative d'homicide ». Selon l'auteur, il y a là « une version moderne de la sur- délinquance traditionnelle des milieux sociaux les plus précarisés dans une société industrielle ».
Mais les questions du jour ne concernent pas tant les étrangers que les Français issus de l'immigration. La situation est infiniment plus complexe. D'abord, les fichiers mentionnant les origines des Français sont interdits et empêchent des travaux statistiques fouillés. Ensuite, la délinquance dépend de facteurs psychologiques très ténus. Le criminologue Alain Bauer, par ailleurs président de l'Observatoire de la délinquance, explique qu'on ne sait rien des facteurs qui font un délinquant, sinon une chose : « Un auteur d'agression est souvent quelqu'un qui a été battu et dont le cas n'a pas été traité.»
Cela vaut-il pour les violences abstraites ? Laurent Mucchielli invoque une « victimisation collective » des populations d'origine immigrée, la « perspective d'un destin social misérable » qui induit « d'intenses sentiments de frustration et d'exclusion ». A tort ou à raison, le syndrome du colonisé est toujours vivace. Il y a près de dix ans, la commissaire Lucienne Bui Trong, chargée des violences urbaines à la Direction centrale des RG, relevait que 85 % de leurs auteurs sont d'origine maghrébine et qu'ils agissent en raison d'une sorte de « paranoïa » vis-à-vis de la société française. « J'ai vu une liste de 3 000 auteurs de violences urbaines établie par les RG parisiens, et il n'y avait que 59 noms "gaulois" », relate le criminologue Xavier Raufer. Qui ajoute : « Etant donné qu'il ne s'agit que de garçons, c'est bien la preuve que ce n'est pas un problème racial.»
Le 2 juin, lors d'un comité interministériel à l'intégration présidé par Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin se lance dans un discours sur l'intégration avec le lyrisme dont il a le secret. L'actuel ministre de l'Intérieur, soucieux de la « cohésion nationale », s'alarme de la propagation d'idéologies néfastes dans les banlieues ; il note la défiance vis-à-vis des autorités et considère qu'il ne faut pas dissocier les schémas mentaux et les actes.
Comment faire pour savoir ce qu'il se passe dans les cours d'immeuble ? Faut-il tenir compte des origines des Français pour mieux cerner certains problèmes ? Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, pense qu'il serait judicieux d'approfondir la connaissance de la réalité, pour étudier les difficultés propres aux populations d'origine immigrée, surtout en matière de discrimination à l'emploi. Le 3 décembre 2003, à l'occasion du 20e anniversaire de la Marche des beurs, Raffarin expliquait que « nous avons besoin d'une grande enquête statistique et sociologique sur la question de l'intégration et des inégalités, parce qu'il n'y a rien de complet aujourd'hui ».
Le 2 juillet, le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, installera un observatoire des statistiques, mis en place par le Haut Conseil à l'intégration (HCI). L'instance, qui sera dirigée par Jacqueline Costa-Lascoux, est censée coordonner tous les chiffres disponibles. Peut-être permettra-t-elle de mieux cerner les effets du « déracinement », géographique ou culturel, de certains Français. « Il n'est ni prévu ni exclu de travailler sur la question de la délinquance », assure-t-on prudemment au HCI. L'état des lieux ne sera pas facile à établir. Un chercheur, Laurent Lagrange, a observé une surdélinquance des enfants de l'immigration dans un quartier de Mantes-la-Jolie, mais pas dans un quartier comparable d'Amiens. Ce n'est pas avec des idées fixes, bien ou mal-pensantes, que l'on épuise la réalité.
Source : le point.fr
Le sujet est l'un des tabous les plus forts de la République : 60 à 70 % des délinquants sont issus de l'immigration. C'est ce que révèlent les synthèses de la police nationale.
il y avait longtemps que l'on avait pas culpabilisé la société avec ces pauvres petits incompris....à quand des mesures ....
Rédigé par: daniel | 15/09/2006 at 09h48
oui des mesures fortes et concrètes...
Rédigé par: aroloblog | 15/09/2006 at 14h40
Cher Arolo bonjour,
Une fois n'est pas coutume, je viens saluer votre courage quant à la publication de cet article.
Vous connaissez désormais ma ferveur toute singulière pour ce qui concerne, de près ou de loin, l'immigration. Vous connaissez désormais mon amour inconsidéré pour l'Autre que je ne suis pas, pour l'Etranger, pour l'Immigré, et même parfois pour les émeutiers du mois de novembre dernier.
Pour autant, je suis d'accord avec la teneur de votre article: la majorité des actes délinquants sont commis par des jeunes (ou des moins jeunes) d'origine maghrébine et africaine.
Le dire, c'est devenir "raciste" et xénophobe. Le dire n'est pas "politiquement correct".
Il me semble toutefois qu'il n'y a aucun racisme derrière cette affirmation si elle est prise pour un simple constat. Ce sont les raccourcis qu'elle peut véhiculer qui sont dangereux.
Pour ma part,
je pense que si il y a autant de délinquance chez ces jeunes, ce n'est bien entendu pas parce qu'ils sont "inadaptables" à la société compte tenu de leur origines. Selon moi, l'ominiprésence de la délinquance chez ces jeunes découle du processus lancinant de la stigmatisation (économique, spatiale, culturelle et sociale etc).
L'économie souterraine se développe là où l'on ne peut pas entrer de plein pied dans un système économique "licite".
La violence se développe là où il y a de la souffrance.
Mon discours peut paraître naif, j'en conviendrais, mais je vous en supplies, à tous ceux et celles qui trouveront que je m'apitoies sur le sort des "sauvageons", lisez "Quartiers sensibles" d'Azouz Begag et de Christian Delorme (le curé des Minguettes), regardez le film (brillant) d'Akhenaton "Comme un aimant": on comprend vite le désespoir d'une société qui ne vous voit que comme un étranger alors que vous êtes nés les deux pieds dans la République française, le desespoir de ne pas "être" en consommant alors pour panser les plaies on deale, on vole, on braque, on se suicide (soit dit en passant, la scène de braquage dans le film "Comme un aimant" n'est pas tant un "vrai" braquage qu'un suicide), on développe une culture de rue, on se la joue, on fait le caid...pour se proéger parce que la rue, ça abime.
Je ne veux pas défendre l'une ou l'autre des parties, je voudrais simplement que l'on perçoive ce qu'il se joue ici en termes de "processus". Tout ceci n'est pas arrivé par hasard.
Mon discours n'est pas celui de scander "mes pauvres petits", mais simplement de rappeler parallèlement que la mémoire collective des populations immigrées, en particulier maghrébine est très très lourde, et plus encore chez les immigrés algériens: la guerre d'Algérie, une immigration vers le pays contre lequel on combat (années 60)...ceci est déjà schizophrène comme situation en termes politiques autant pour la France que pour l'Algérie. Les ratonnades (1961), ce sont des faits historiques peu rappelés en France (quoique l'on commence) et qui ont participé à un vrai malaise chez les jeunes. Or comme en psychanalyse, les non-dits, les secrets, le lourd passé, passe d'une génération à l'autre, s'épaissit...
Voilà, je voulais juste, permettez moi encore une fois, que l'on appréhende les choses de manière objective et neutre, compréhensive.
Rédigé par: Nolwenndufaouet | 16/09/2006 at 18h40
Juste une autre digression:
un matin de la fin du mois d'août, je me lève, j'allume la radio en buvant mon café. Et j'apprends que les RG ont constitué une classification ethnique des délinquants ayant participé aux émeutes du mois de novembre.
J'ai envie de pleurer. Je frissonne, je pleure, de souffrances, de rage, de haine, je ne sais plus trop. Mais que fait mon pays?
Opérer une "classification ethnique" de jeunes ayant la nationalité française, inscrits, nés en France depuis 18, 25 ans, que seules les vacances passées au "bled" rappellent l'étoffe de racines...d'ailleurs bien plus familiales qu'ethniques", c'est rajouter à ce mal-être, c'est à nouveau les considérer comme des "sauvageons" qui sont en dehors de la République alors que, déinquants ou pas, ils font partie de la République. C'est rajouter de l'huile sur le feu, nourrir leur violence et leur agressivité.
C'est oublier l'histoire, de l'Algérie, de la décolonisation. C'est revenir symboliquement à des idées nauséabondes du style "ça se mérite d'être français" à la De Villiers.
Alors que ces jeunes sont justement Français, autant que leurs parents qui vivent en France depuis 40, 50 ans.
Je termine mon café. Enervée, mélancolique. Je pleure encore un peu. Et je ne comprends pas. Je me rappelle des articles scientifiques que j'ai lu, Schnapper, Weil, Lapeyronnie, Guénif-Souilamas, Stora, Harbi, Begag, Boumaza et Pinson, Beaud et Schwartz. Je ne comprends pas que la France puisse se draper ainsi, dans une étoffe d'amnésie, de mépris.
J'aime mon pays. Profondément. C'est pour ça que je pleure: il dépérit en coupant ses propres ailes...
A celui ou celle qui voudra bien comprendre ce que j'entends par là, qui souhaite comprendre pourquoi, qui souhaite objectiver cette situation, je le renvoie directement à la "France de l'intégration" de Dominique Schnapper. Je ne saurais mieux expliquer. Parce que c'est mieux analysé que mes quelques écrits ici, parce que je suis fatiguée, usée. Parce que je me dis souvent que je ne peux pas rester dans un pays qui ignore ses enfants. Ceux qui ont la peau caramel, ceux qui brulent des voitures, ceux qui sont mal.
Ceux qui se battent contre le CPE pour protéger les résidus d'un avenir déjà incertain, pour ceux qui comme moi se batte chaque jour, font des bac+5 et travaillent sans jamais s'arrêter, qui ont une conscience citoyenne, une conscience politique, et à qui on rebalance des discours paternalistes parce que c'est bien connu: le jeune est soit étudiant au cheveu gras et la guitare sèche qui refait le monde autour d'une bière la nuit et dort tout le jour, soit c'est une "caillera" qui siflle les "tasspé" l'après-midi et "caillasse" les flics la nuit tombé...Mais tout ceci est déjà un autre débat.
Rédigé par: Nolwenndufaouet | 16/09/2006 at 18h58
Je trouvais ça beau, les Champs-Elysées noirs de monde, transpirant d’une ferveur qui exulte sur les trottoirs, les Champs-Elysées noirs de monde, rouge de fumigènes, habillés de drapeaux virevoltant dans le bleu de nuits devenus subitement électriques. Les Champs-Elysées, les drapeaux français et algériens entremêlés. Je trouvais ça excessivement beau et mon regard s’embuait à la vue magnifique de ces bouts de tissus colorés. Je frissonnais, je palpitais: « faire France » pour moi c’était ça. C’est peut-être d’une banalité effarante, et j’en conviendrais volontiers, sauf que sur cette avenue où paradent régulièrement les emblèmes d’une République foncièrement conservatrice qui peine à dépasser des idéologies poussiéreuses et que je vomis souvent, ces drapeaux noués flottant avec grâce dans l’air constituaient à mon sens un acte révolutionnaire, crachant à la face de cette République autiste tout un héritage qu’elle tente souvent de jeter aux orties. De la même manière, j’avais trouvé ça beau, les émeutes urbaines survenues l’hiver dernier: sous les réverbères coulait la sève d’une colère exacerbée, du mal-être infernal qui jaillit d’une République qui rejette ses enfants, ne parvenant pas à les inscrire dans le projet commun de l’identité nationale Actes révolutionnaires, cris lancés par delà les toits, souffrances ulcérées et brûlures, peaux et stigmates, ces émeutes et ces corps annihilés qui se contractaient soudainement, c’était de la douleur qui se déverse pour casser le plafond de verre, pour faire flamber le mépris qui imprègne les trottoirs, sortir de la périphérie, envahir l’espace public, c’était de la douleur, de l’humanité pleurant sur les cendres d’existences éteintes, étouffées, des lambeaux de chair écartelés par l’(in)différence, l’opprobre de l’Autre bien pensant. Crever enfin. Crever enfin l’abcès béant qui se propage comme une gangrène. J’aurais voulu que ça dure, que le pays s’embrase, qu’il flambe de toute part. J’aime pourtant profondément mon pays. Mais j’aurais voulu qu’il s’embrase, qu’il flambe de toute part plus loin que les quelques nuits d’un mois de novembre particulièrement froid. Et pourtant, j’aime mon pays. J’aurai voulu qu’il prenne feu, pour faire table rase, pour tout recommencer. Oublier l’injonction à l’intégration, oublier le racisme, oublier que mon pays est simple beau parleur et que la jolie ritournelle « Liberté, Egalité, Fraternité » ne se conjugue pas pour tous de la même manière, brûler pour oublier que mon pays meurtrit des générations entières en les renvoyant à leur étrangeté, brûler pour oublier que mon pays est donneur de leçons et ne cesse de se draper dans la magnificence de son vieille héritage issu des Lumières. Brûler pour oublier que mon pays sacrifie sa matrice, qu’il dépérit en coupant ses propres ailes. Brûler de rage, brûler de rage, de haine, répandre le fiel. Brûler par souffrance. Moi, je n’ai jamais vécu en banlieue, je ne sais pas ce que c’est d’avoir une couleur, une couleur caramel qui gêne un peu, moi je sais pas ce que c’est la galère. Tant mieux, tant pis, je sais pas : chacun fait avec ce qu’il a au départ. Mais on n’a pas la même chose quand on naît sur les trottoirs de Manille…on n’a pas les mêmes chances quand on naît en Seine Saint Denis ou dans un appartement cossu du seizième arrondissement. Et pire que l’inégalité que ça génère, c’est la lancinante stigmatisation de l’autre que je ne suis pas qui m’atteint jusque dans les entrailles et me torture jusqu’à l’évanouissement. Du Maghreb à l’immigration et aux banlieues, ces horizons qui m’étaient si lointains, moi petite fille originaire d’un environnement protégé, moi petite fille au parcours bien lisse, je me suis plongée corps et âme dans ces considérations parce que voilà, derrière ce que la société bien pensante laissait croire et que j’exècre, en passant de l’autre coté du miroir, il y avait des gens. Des gens aux mains ridées d’avoir travaillé toute une vie à l’usine, des gens dans des salons en train de boire un thé à la menthe, des gens qui, un jour avait fui la guerre pour protéger leurs enfants, des gens qui avaient tout lâché pour croire en un meilleur possible, des mamans en train de malaxer la semoule, des gens qui breackent en bas des immeubles avec cette énergie folle, des petites frappes de quartiers coincés dans une virilité éhontée parce que la rue, ça abîme, il faut se créer une carapace. Des gens, tout simplement. Des gens, touts différents. Et quand les émeutes ont surgi au mois de novembre, moi je voulais que ça continue, que tout brûle, que tout dégénère pour que ce pays qui est le mien comprenne enfin. Que ce pays qui est le mien comprenne enfin que ces gens qu’il stigmatise quotidiennement, c’est son âme.
Rien ne me prédisposait à me plonger un jour corps et âme dans de telles considérations, à défendre des causes si éloignées de moi. Avec le recul, je crois penser néanmoins que mon héritage familial a amplement favorisé l’émergence de ces préoccupations que je porte désormais avec une fièvre non dissimulée. On m’a appris le respect de l’Autre, le souci d’autrui, la sensibilité, l’ouverture d’esprit, le dépassement des préjugés, la réflexion. Je remercie mes parents de m’avoir inculqué ces valeurs éminemment humaines et encore aujourd’hui, je reste subjuguée par la douceur, l
Rédigé par: Nolwenndufaouet | 16/09/2006 at 19h02
Nolwenndufaouet : Vous dites une chose de très vraie... Je vous trouve un peu naïve... Sur pas mal de choses, mais surtout quand vous parlez des articles scientifiques et que vous citez Azouz Begag... Cela m'a beaucoup fait rire... Azouz Begag scientifique... Hihihi !!! Sacrée Nolwenndufaouet.....
Rédigé par: Pacificateur92 | 16/09/2006 at 19h41
Vous avez réussi à m'emouvoir...
Très profond ce que vous dites !
Rédigé par: aroloblog | 16/09/2006 at 20h07
Mais juste une chose, pourquoi d'autres immigrés s'en sortent ?
Parce qu'ils se sont reniés ?
Rédigé par: aroloblog | 16/09/2006 at 20h10
Azouz Begag est docteur d'économie et sociologue de formation. Il n'a pas ébranlé la sociologie urbaine de ses théories, mais il a mis à jour un certain nombre de "mécanismes" quant aux "sauvageons" et aux quartiers sensibles".
Je vous recommande la lecture de "Quartiers sensibles" et "Du usage de la distance chez les sauvageons". Ces deux ouvrages sociologiques traitent moins de la délinquance que de la ségrégation urbaine, cependant ils sont particulièrement "éclairants".
Rédigé par: Nolwenndufaouet | 16/09/2006 at 22h24
Cher Arolo,
Je pense que la majorité des immigrés et des jeunes...comme on dit "issus de l'immigration" "s'en sortent", d'abord parce que tous ne sont pas nés dans des quartiers difficiles, tous n'ont pas une famille éclatée, tous ne sont pas en échec scolaire, tous n'entretiennent pas un rapport complexe à l'origine de leurs parents. La grande majorité des immigrés et de leurs enfants ne commettent pas des actes répréhensibles parce qu'ils souffrent. Heureusement bien entendu.
Ceux qui sont de véritables délinquants ne sont pas tous plongés dans ce "mal-être arabe" (CF. ouvrage "Le mal-être arabe, les enfants de la colonisation" de Vidal et Bourtel). Il s'agit bien entendu d'une frange minoritaire.
D'autre part ne pas commettre des actes délinquants quand on est immigré ou "issu de...", ce n'est pas "se renier".
Ce que je tentais de soulever, au départ de manière très objective et puis excusez-moi mes émotions m'ont submergé, c'est que ces enfants qui brûlent des voitures, c'est peut-être le symbole d'un étouffement qui les prend de toutes parts (je pense en particulier aux jeunes d'origine algérienne, question que je connais bien, tant en termes "sociologiques" que politique et historique, notamment par rapport aux deux guerres en Algérie, 1956-1962/1992-1997).
Evidemment, derrière la question de la délinquance qui ne peut pas être ramenée uniquement à la problématique d'un malaise général, il y a aussi toute une "culture de rue".
Arolo, si je défends cette question, ce n'est parce que je trouve ça "bien" d'être immigré et délinquant mais je vous dirais franchement, que de part mes études, j'ai d'abord rencontré des gens qui, même parfaitement "intégrés" comme on dit pensaient à chacune de mes démarches (de sociologue) que je voulais les interroger parce que c'était des "jeunes de quartiers, là où on brûle des voitures", preuve que les images s'intériorisent vite...
J'ai rencontré aussi des représentants de la FNACA vous savez qui durant le mois de novembre s'arrachaient les cheveux de voir un couvre-feu instauré...cela leur rappelait l'Algérie. Là encore, le symbole est très fort, trop fort.
Quand j'ai traité de la guerre d'Algérie, je me suis arraché moi-même les cheveux. Je vous expliquerais un jour si vous voulez.
Vous savez, ça me prend encore la gorge tout ça, excusez moi, j'ai le regard embué parce que la question de la délinquance appelle bien sûr des mesures urgentes, concrètes et fermes, mais c'est tout ce que je perçois derrière. Je vous ennuies avec ces considérations mais j'ai très peur que par des raccourcis, une ethnicisation des rapports sociaux, tout dérape.
Vous comprenez ce que je veux dire?
Le jour où j'ai appris que les RG avaient réalisé cette classification, j'étais dans un état de mélancolie profonde, j'étais effarée, sonnée, effrayée aussi, j'aurais voulu qu'une voiture, puis une deuxième, puis une troisième brûlent. Je ressentais de la colère et je pleurais en même temps.
Peut-être est-ce que ces jeunes ressentent ça?
En tout cas, même ceux qui ont accès à l'emploi, ceux qui font des études et sont bien "insérés" ressentent parfois une certaine tristesse: "je ne serais jamais comme toi, on aura jamais la même vie" m'at-on dit un jour. Toi caramel, moi blanche. J'ai eu mal, pour moi, pour toi, j'ai eu mal, profondément mal.
Rédigé par: Nolwenndufaouet | 16/09/2006 at 22h53
Ma chère Nolwenndufaouet, Que Azouz Begag soit Docteur en Sociologie ne fait pas de lui un scientifique. Pour info, Elisabeth Tessier, astrologue, est elle aussi Docteur en Sociologie. Et la sociologie n'a rien de scientifique.
Azouz Begag, quant à lui, est un personnage dangereux, à mon goût, puisqu'il fait l'apologie de la violence en ligitimant la violence de Zidane lors de la finale de la Coupe du Monde. Il avait d'ailleurs pris parti pour les emeutiers de novembre dernier. C'est un formidable porte flambeau du communautarisme et un merveilleux porte parole du MRAP. Je n'ai jamais compris qu'il fasse parti de l'UMP. Tout son dialogue et son argumentaire va à l'encontre de son propre gouvernement, et je le considère comme une personnalité de gauche.
Je vous met une petite phrase de Azouz Begag, qui légitime la violence de Zidane. je cite :
"Je pense qu’il a dû dire une énormité à caractère raciste envers Zidane et que l’honneur de l’homme Zidane, du champion Zidane, que de n’avoir pas laissé passer cette énormité. Mais je crois que cette blessure cela doit être la blessure de tous les gens qui au plus profond d’eux mêmes ne laissent rien passer au racisme et pour cela à mon avis, il faut vénérer ce héros de légende encore plus qu’avant la 110e minute fatale"
Alors, ma chère Nolwenndufaouet, je ne mets pas en doute vos convictions, même si je ne les partagent pas. Le problème, c'est qu'à chaque fois que vous prenez une personnalité comme référence, vous prenez de mauvais exemples. Aujourd'hui, c'est Azouz Begag, l'autre jour, c'était Tariq Ramadan. C'est pourquoi je vous trouve bien naïve.
Rédigé par: Pacificateur92 | 16/09/2006 at 23h02
Sincèrement, je comprends ce que vous ressentez, ce que vous dites...
Mais mes activités m'ont enseigné que ces jeunes dont vous parlez ne sont en fait que de purs délinquants qui n'ont rien à faire de toutes ces considérations historiques que vous citez avec justesse.
Autre élément,ce que vous qualifiez de "guerre d'algérie" me gène !
Oui, parce que je me demande comment on peut appeler guerre, des situations se déroulant sur un territoire français...
Exemple: si l'outre-mer français connaissait un jour des moments similaires, on parlerait de guerre aussi ?
NON !
Simplement parceque ce sont des territoires français, comme c'était le cas pour l'Algérie !
Alors parlons d'émeutes, de révoltes, pourquoi guerre ??? L'Algérie n'était pas indépendante à ce que je sache...
Rédigé par: aroloblog | 16/09/2006 at 23h05
Cher Arolo,
Je pense que vous n'avez pas saisi: les délinquants n'ont que faire bien entendu des considérations historiques! Seulement elles participent d'un "tout", d'un inconscient et d'une mémoire collectives, qui "façonnent" (sans pour autant enlever leur libre arbitre).
Pour ce qui est de la "guerre" d'Algérie, sachez mon cher Arolo que lorsque l'on se penche sur le processus de la colonisation en Algérie (il est différent au Maroc et en Tunisie, l'Algérie a acquis certes le statut de département français, néanmoins sa gestion était pensée tout à la fois dans et en dehors de la métropole; sa gestion était d'abord militaire et l'acquisition de la nationalité française pour les Juifs d'Algérie et pour les "colons" n'étaient pas si simple. L'ubiquité de son statut ne pouvait pas faire d'elle un territoire français comme la Bretagne ou la Corrèze.
Je suis assez outrée, je ne vous le cacherais pas, que vous ne vouliez pas que l'on parle de "guerre d'Algérie": l'analyse historique, l'objectivation du processus de la colonisation puis de la décolonisation en Algérie montrent à tous points de vue qu'il s'agissait bien d'une guerre.
Rédigé par: Nolwenndufaouet | 17/09/2006 at 10h04
A Pacificateur92, plusieurs choses:
1/je comprends que vous estimiez que la sociologie demeure une discipline non-scientifique; partant de l'exemple de Tessier, je ne peux vous donner que raison. Cependant, toutes les disciplines des sciences humaines connaissent ce type de dérives. Je ne dirais pas pour ma part que la sociologie est "scientifique" au sens où on l'entend habituellement. Mais elle constitue une approche analytique du monde, au même titre que l'histoire, les sciences politiques etc etc.
2/je ne prends pas en référence M. Azouz Begag. Je prends en référence deux ouvrages écrits à la fin des années 90 et qui sont particulièrement éclairants pour les raisons invoquées ultérieurement, ce qui est éminemment différent.
Azouz Begag peut déclarer ce qu'il veut sur Zidane ou autre chose, peu m'importe: je peux être d'accord ou au contraire en désaccord. Ce n'est pas parce que je cite deux de ses ouvrages comme des ouvrages "références" en sociologie urbaine que j'applaudis chaque fois qu'il prend la parole sur tel ou tel fait.
3/Vous devez me confondre avec quelqu'un d'autre: je n'ai jamais fait référence à Tariq Ramadan dont je ne connais pas bien les postures et qui, soit dit en pensant me laisse penser qu'il s'agit d'un manipulateur aux théories religieuses douteuses, d'abord compte de sa filiation puisqu'il est directement issu du mouvement (salafiste je crois) des Frères Musulmans dont il porte avec fierté le flambeau.
Rédigé par: Nolwenndufaouet | 17/09/2006 at 10h15
Nolwenndufaouet, je persiste et je signe !
Un territoire qui n'était pas indépendant administrativement, quelque soit sa gestion, on ne peut pas parler de guerre...
C'est vrai, j'ai bien entendue parler de "guerre des banlieues" lors des actes de délinquances de novembre 2005, c'est une ineptie !
Rédigé par: aroloblog | 17/09/2006 at 11h41
Chere Nolwenndufaouet,
En ce qui concerne Tariq Ramadan, effectivement, je me suis trompé de personne... Il s'agissait en fait de Augustine de Kervelac et non de vous. Toutes mes confuses !! Et vous prie de bien vouloir accepter mes excuses pour cette erreur.
Pour ce qui est de l'inconscient collectif dont vous parlez avec Arole, c'est une notion qui me gène énormemment. Cela reviendrai à dire que puisque cette haine, parce qu'il s'agit de haine, et que cette violence n'est en fait que le résultat d'un inconscient. C'est quand même une façon de dire "ne leur en voulez pas, il ne savent pas ce qu'ils font", et moi ça m'agace de toujours leur trouver une excuse.
Biensûr cela ne veut pas dire que vous les soutenez, mais vous leur trouvez toujours une excuse, alors qu'ils n'en ont aucune. Et ils le savent. Il y aura toujours des personnes ou des associations prets à les soutenir en pronant ce discours sur la colonisation, et de ce fait ce croient tout permis. J'ai souvent à faire avec cette population de voyous, et c'est bien leur discours... "On est intouchable, les associations sont là pour nous protéger".
Alors arretons de leur trouver des circonstance atténuantes... Ils en profitent et la violence est de plus en plus grande chaque jour, et de plus en plus banalisée. STOP !!!
Rédigé par: Pacificateur92 | 17/09/2006 at 15h23
...Aux armes citoyens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons,
Qu'un sang impur,
Abreuve nos sillons...
Vive la Marseillaise !
Vive la France !
Vive les Français !
Retournons à nos valeurs historiques, à nos méthodes éducatives, à la punition...
Rédigé par: ça pue | 17/09/2006 at 15h58
~Il y aura toujours, pour la plus grande joie de l’opinion publique, ces boucs émissaires sans cesse renaissants, qu’ils prennent la forme de telle ou telle communauté chargée de tous les crimes, ou le visage changeant de l’inévitable ennemi public numéro un, qu’on livre en pâture à la vindicte populaire dans la rubrique des faits divers.
L’assaut désespéré des candidats à l’immigration contre les barbelés dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, des émeutes à caractère raciste, à Sydney, en Australie… Toutes ces images symbolisent bien la montée de la peur et de l’intolérance, sur fond de misère sociale, un peu partout dans le monde.
Comme on dit: " tu seras Pelé, Maradonna, Zidane, ou.... rien"
Pourtant, seuls le dialogue avec l’étranger, l’échange d’expériences peuvent faire vibrer la corde de l’humanité commune, si nécessaire dans le monde contemporain...
Malheuresement, l’accroissement de la mobilité et des flux migratoires, entraînant une augmentation de la « diversité humaine » et de sa visibilité, est toujours considérée comme une menace...~
ça pue: avec ce commentaire, tu nous montre bien tes basses pensées: la répression plutot que l'éducation...
Rédigé par: SkapLyO | 23/09/2006 at 21h43
SkapLyO a écrit :
"Toutes ces images symbolisent bien la montée de la peur et de l’intolérance, sur fond de misère sociale, un peu partout dans le monde."
Il y a de quoi avoir peur, non pas de l'étranger, mais de l'Islam. Je ne veux pas faire unde propagande anti-islam, mais il est nécessaire de voir les choses en face. Actuellement certains islamistes radicaux intégristes cherchent à tout prix à provoquer une guerre sainte contre l'occident et les chrétiens. Malheureusement, ces intégristes arrivent à rallier à leur cause des populations entières, endoctrinées par la désinformation et éduquées dans la haine de l'occident et des autres religions.
Je vous mets en lien un film de 01h17, qui montre le danger auquel nous sommes confronté. Il est concevable que les réseaux islamistes francais sont déjà infiltrés par ces branches de l'Islam radicale. Et ne pas y preter attention serait pure inconscience.
Bonne lecture :
http://www.dailymotion.com/Tazda/video/xblax_obsession
Rédigé par: Pacificateur92 | 23/09/2006 at 22h23